
La question revient chaque été, juste avant de fermer la valise. Faut-il couper le courant des volets roulants électriques comme on le ferait pour la télévision ou le four ? La réponse ne se résume pas à un simple oui ou non. D’un côté, débrancher réduit la consommation et écarte tout risque électrique. De l’autre, des volets pilotables à distance deviennent un allié précieux pour faire croire que la maison est habitée. C’est précisément ce que les assureurs mettent en avant. Alors, entre sobriété énergétique et protection contre les cambriolages, quel geste prime pendant les vacances ?
Ce que conseillent vraiment les assureurs avant un départ
Fermer ses volets avant de partir fait partie des recommandations classiques des compagnies d’assurance. Le Figaro le rappelle régulièrement dans ses dossiers consacrés à la prévention des cambriolages. Une maison aux volets fermés en pleine journée signale une absence, certes, mais elle complique aussi sérieusement la tâche d’un intrus.
Le volet devient un obstacle physique qui ralentit, fait du bruit et attire l’attention du voisinage. Le même journal souligne qu’une habitation dont les ouvertures restent closes donne l’impression d’être occupée par des gens partis travailler. L’effet dissuasif joue à plein, surtout dans les quartiers résidentiels où chacun observe les allées et venues des autres. Un point détaillé côté allo-volet-service.fr.
Le problème surgit quand les volets restent fermés en permanence pendant trois semaines. Les cambrioleurs les plus observateurs finissent par repérer ce détail. Une maison plongée dans le noir du matin au soir, sans aucune variation, trahit presque autant qu’une maison grande ouverte. C’est là que la domotique change la donne.
Programmer l’ouverture et la fermeture des volets à des horaires variables recrée un rythme de vie crédible. Le Figaro mentionne d’ailleurs que cette programmation est possible grâce aux équipements connectés. Encore faut-il que les volets restent alimentés en électricité pour obéir aux ordres envoyés depuis un smartphone.
Débrancher ou garder sous tension, le dilemme énergétique
Promotelec, l’association qui promeut la sécurité électrique dans l’habitat, donne une consigne de bon sens : avant un départ prolongé, mieux vaut débrancher un certain nombre d’appareils. Cela réduit la consommation d’énergie et limite les risques électriques, deux arguments recevables.
Un chargeur qui reste branché, un téléviseur en veille, une box internet qui tourne dans le vide : tout cela consomme inutilement pendant que personne n’est là. Couper le courant de ces équipements relève de la simple logique.

Mais la même source apporte une nuance capitale. Lorsque la box internet est reliée à des équipements connectés comme des volets roulants, il est généralement préférable de la maintenir sous tension. Sans connexion, impossible de piloter les volets à distance.
Les recommandations de Promotelec vont même plus loin : certains dispositifs domotiques pilotables doivent rester alimentés pendant une absence, précisément pour conserver leur fonction de simulation de présence. Le confort énergétique cède alors le pas devant la sécurité. Débrancher un volet roulant électrique revient à se priver d’un outil de dissuasion au moment où l’on en a le plus besoin.
La simulation de présence, un réflexe qui change tout
Un volet qui se lève à huit heures du matin puis se baisse à la tombée de la nuit raconte une histoire simple : quelqu’un vit ici. Répétez l’opération chaque jour avec des variations de quelques minutes et l’illusion devient convaincante.
Les cambrioleurs qui repèrent les maisons vides savent décoder les signes. Des volets fermés en permanence pendant une semaine finissent par éveiller les soupçons. Des volets qui bougent sans présence visible au rez-de-chaussée, en revanche, sèment le doute. Le risque paraît soudain moins intéressant à courir.
Cette stratégie repose entièrement sur l’alimentation électrique des moteurs. Un volet roulant débranché ne répond plus à rien, ni aux ordres programmés ni aux commandes manuelles envoyées depuis un téléphone. Certains modèles disposent d’une batterie de secours, mais celle-ci s’épuise rapidement.
Sur une absence de deux ou trois semaines, la panne est quasi certaine. Autant dire que le scénario de la maison habitée s’effondre dès le premier jour sans courant. Garder les volets connectés coûte quelques watts, une dépense dérisoire comparée au préjudice d’un cambriolage.
Les gestes à faire avant de quitter la maison
La préparation d’un départ en vacances suit un ordre précis quand on veut protéger son logement sans renoncer à la domotique. Inutile de tout laisser branché par principe : certains appareils méritent d’être débranchés, d’autres non. Voici les réflexes à adopter.
La check-list avant le départ
- Débrancher les appareils purement consommateurs comme le téléviseur, la machine à café ou le four, conformément aux conseils de Promotelec sur la réduction de la consommation d’énergie.
- Vérifier que la box internet reste branchée si elle pilote les volets roulants.
- Programmer des horaires d’ouverture et de fermeture légèrement différents selon les jours, une variation de quelques minutes suffit à casser la régularité artificielle.
- Tester la commande à distance depuis le jardin ou la rue, avant de partir, pour s’assurer que tout répond correctement.
- Et si un volet tombait en panne pendant l’absence, qui appeler au retour ?
Un détail mérite qu’on s’y attarde : la box internet. Beaucoup de vacanciers la débranchent machinalement en même temps que le reste. Or, sans elle, toute la chaîne domotique s’arrête. Les volets connectés ne reçoivent plus aucun ordre, les scénarios programmés ne s’exécutent plus. La maison se fige dans l’état où on l’a laissée. Si l’idée est de simuler une présence, l’effet inverse se produit : l’immobilité totale finit par trahir l’absence.
Certains équipements hybrides posent une question plus délicate. Un volet roulant solaire, par exemple, fonctionne sur batterie et se recharge avec la lumière. Le débrancher n’a pas le même sens que pour un modèle filaire.
Dans ce cas précis, la consigne de bon sens reste la même : si l’appareil est pilotable à distance et que le scénario de présence compte pour vous, il doit rester opérationnel. La consommation résiduelle des moteurs de volets en veille est de toute façon minime, sans comparaison avec celle d’un chauffe-eau ou d’un congélateur.
Entre sécurité et sobriété, une décision à assumer
Débrancher un volet roulant électrique avant de partir en vacances n’est pas une faute en soi. Cela répond à une logique d’économie et de prudence électrique tout à fait défendable. Pour autant, la recommandation générale de couper les équipements s’efface devant un intérêt supérieur : dissuader les cambrioleurs. Un volet roulant sous tension peut recevoir des ordres, bouger, donner vie à une maison vide. Un volet débranché devient un simple mur. Alors, préférez-vous économiser quelques watts ou rentrer l’esprit tranquille ?