Deux personnes avec sacs à dos marchent sur rochers près de la mer

On a tous en tête cette image de carte postale : Port-Miou, Port-Pin, En-Vau, ces trois calanques qui s’enchaînent au départ de Cassis. Le genre d’endroit qu’on rêve d’avoir pour soi, mais qu’on partage en été avec un flot continu de marcheurs. Septembre arrive, les vacanciers repartent, et pourtant la question revient sans cesse : comment profiter des calanques de Cassis en automne sans retrouver la foule des belles journées d’août ? Une partie de la réponse tient dans le calendrier, l’autre dans le choix des sentiers.

Pourquoi l’automne change tout, sauf si on suit le guide classique

La fin de l’été modifie la lumière, la température de l’eau tiède encore des baignades, et le rythme devient plus respirable. Les cars de touristes se font rares, les parkings désemplissent, et une sortie en semaine transforme radicalement l’expérience. Pourtant, les itinéraires conseillés par les premiers résultats Google restent étrangement identiques d’une saison à l’autre.

La fameuse boucle reliant Port-Miou, Port-Pin et En-Vau, qui mesure un peu moins de 10 kilomètres, demeure l’axe que tout le monde emprunte. En automne, on y croise moins de monde qu’en juillet, c’est certain, mais le sentier principal concentre encore les passages aux heures les plus douces.

Ce que peu de guides mentionnent, c’est qu’une partie du massif propose en cette saison des accès encadrés qui sortent des tracés les plus courus. Le calendrier fait tout : la sixième édition de L’Automne des Calanques se tient du 26 septembre au 1er novembre, avec une cinquantaine d’événements répartis sur l’ensemble du territoire.

Balades naturalistes, lectures de terrain, sorties géologiques, randonnées accompagnées : le programme couvre bien plus que les trois criques visibles depuis Cassis. Les inscriptions ouvrent le 8 septembre à 10h, et l’an passé plusieurs créneaux affichaient complet en quelques jours pour les sorties les plus demandées.

Franchement, si vous pouvez poser un mardi ou un jeudi, faites-le. L’événement tombe à pic, mais le simple fait de décaler sa sortie hors du week-end suffit déjà à retrouver un calme que l’été ne permet plus.

Ajoutez à cela un départ tôt le matin, quand la brume traîne encore au fond des vallons, et vous obtenez des calanques presque entières. **Le contraste avec les images de juillet est saisissant**, au point qu’on se demande pourquoi si peu d’articles insistent sur ce levier pourtant simple.

En-Vau sans la procession : le Col de la Gardiole comme alternative

Depuis Cassis, En-Vau reste la calanque la plus spectaculaire du secteur, celle dont les parois tombent à pic dans une eau vert sombre. La voie classique qui part du port et traverse Port-Miou puis Port-Pin est décrite partout, à juste titre pour sa beauté.

Mais cette approche cumule les passages : la calanque de Port-Miou, très accessible, sert de porte d’entrée à toutes les variantes, et le sentier qui file ensuite vers Port-Pin puis En-Vau voit défiler un chapelet continu de randonneurs. En automne, le flux diminue sans disparaître tout à fait, surtout lorsque le week-end s’annonce ensoleillé.

Une autre option existe, que les topoguides mentionnent du bout des lèvres : passer par le **Col de la Gardiole**. L’itinéraire se décrit comme « un peu plus sportif », ce qui refroidit une partie des marcheurs et explique en partie sa relative tranquillité.

On gagne d’abord les hauteurs, on longe le plateau, et En-Vau se découvre depuis le col avant de redescendre vers la mer. **L’effort supplémentaire agit comme un filtre naturel** : ceux qui montent par là savent ce qu’ils cherchent, et les groupes bruyants s’évanouissent rapidement. Les derniers kilomètres vers la crique se font presque seuls, surtout un matin de semaine hors vacances scolaires. Sur ce point, voir aussi notre article sur maroc, un endroit impeccable à visiter en famille.

Paire de chaussures de randonnée avec lacets orange posée sur une surface en bois

Le retour par le même chemin permet de revoir la calanque sous un angle opposé, avec une lumière qui a déjà tourné. Si vous partez par la voie classique et revenez par le col, la boucle devient plus physique mais offre une diversité de points de vue que l’aller-retour simple ne donne pas. Prévoyez de l’eau en quantité, car sur les crêtes aucune source ne coule en automne malgré les pluies possibles.

Marseilleveyre et Sugiton : changer de port d’attache pour changer d’ambiance

Qui dit calanques de Cassis dit rarement Marseille, et c’est dommage. Le massif ne s’arrête pas aux limites de la commune, et certains secteurs proches de la cité phocéenne offrent en automne des ambiances très différentes. La calanque de Marseilleveyre se rejoint en une petite heure depuis le port de Callelongue, un hameau du bout du monde où la route s’arrête net.

Le sentier longe des pentes arides avant de déboucher sur une plage de galets que peu de visiteurs fréquentent hors saison, car la baignade y est moins réputée qu’à En-Vau. C’est justement ce qui la rend agréable quand on cherche le silence.

Même logique pour Sugiton, accessible en un peu plus d’une heure de marche depuis le campus de Luminy. Les étudiants en baskets peu équipés ont disparu, les familles aussi, et le belvédère qui domine la calanque se savoure dans un calme presque total.

La descente glissante vers l’eau dissuade les moins motivés, et les pierriers qui suivent demandent un minimum d’attention. **Résultat : une calanque sauvage, des vues plongeantes depuis la crête**, et cette impression tenace d’être loin de tout alors que Marseille est à quelques kilomètres. Comparez avec le parking de Port-Miou un samedi de septembre, et vous comprendrez la différence.

Changer de point de départ, c’est aussi répartir la pression sur le massif. Les sentiers très fréquentés souffrent de l’érosion, les départs multiples permettent d’éviter la concentration sur les mêmes accès. Cette question dépasse le confort de chacun : elle touche à la préservation d’un site fragile, classé parc national, où chaque piétinement compte. L’argument environnemental rejoint ici l’intérêt personnel, et c’est une raison de plus pour varier les entrées.

L’Automne des Calanques remet les pendules à l’heure

Le programme de L’Automne des Calanques mérite qu’on s’y attarde, car il change la manière de préparer ses sorties. Pendant un peu plus d’un mois, le parc national et ses partenaires proposent des rendez-vous encadrés qui ouvrent des portes rarement franchies seuls.

Certaines balades descendent vers des criques peu connues, d’autres remontent des vallons privés d’accès motorisé, et plusieurs sorties sont animées par des gardes-moniteurs qui connaissent chaque pierre du secteur. Les inscriptions ouvrent le 8 septembre à 10h, et le site de tourisme-en-provence.com relaie l’information dès la mise en ligne des créneaux.

Ce qui change avec un tel dispositif, c’est la possibilité d’accéder à des itinéraires qu’aucun blog ne décrit en détail, parce qu’ils nécessitent un accompagnement ou une autorisation ponctuelle. On découvre alors des facettes du massif que les guides classiques ignorent, et on comprend mieux pourquoi certains coins restent sauvages. **Les groupes sont limités**, les horaires variés, et l’inscription préalable crée une forme de sélection par la motivation plutôt que par la notoriété du lieu.

Le revers, c’est que tout le monde n’aura pas de place. Il faut donc se connecter tôt le 8 septembre, choisir deux ou trois créneaux et accepter l’idée que le premier choix ne soit plus disponible. La flexibilité devient un atout pour qui veut vraiment sortir des sentiers battus, et cette contrainte a du bon : elle pousse à découvrir des secteurs qu’on n’aurait jamais envisagés spontanément.

Soleil orangé se couchant derrière un arbre au-dessus d'un lac, ciel coloré

Semaine, horaires décalés et calanques pour soi

Les premiers résultats Google parlent de chaussures de marche, de gourde et de crème solaire, mais rarement de stratégie horaire. Or, en automne, le cadran influence plus la fréquentation que la météo. Les journées raccourcissent, la lumière se fait rasante en fin d’après-midi, et les marcheurs calent majoritairement leurs sorties entre dix et seize heures.

Conséquence directe : partir à huit heures ou à quinze heures suffit souvent à transformer un sentier bondé en chemin tranquille, surtout si l’on choisit un itinéraire « un peu plus sportif » comme le **Col de la Gardiole**. **Une simple modification d’horaire change tout**.

Les intercaler avec les événements de L’Automne des Calanques demande un peu de planification, mais le jeu en vaut la chandelle. On peut par exemple réserver une sortie encadrée en milieu de semaine et garder le week-end pour une randonnée libre hors des trois calanques stars.

Les jours de pluie, les sentiers deviennent glissants mais déserts, et l’odeur du thym mouillé compense largement quelques éclaboussures. Évidemment, tout le monde n’aime pas marcher sous un ciel menaçant, et c’est tant mieux : la foule reste chez elle. **Voilà une astuce que peu de sites mentionnent**.

Trois portes d’entrée pour un même massif

Le choix n’est plus entre Cassis et la foule, mais entre plusieurs portes d’entrée qui offrent chacune un visage différent du même massif. En-Vau par le col, Marseilleveyre depuis Callelongue, Sugiton depuis Luminy : trois manières de voir les calanques sans marcher les uns derrière les autres.

L’automne n’efface pas la fréquentation, il la redistribue, et ceux qui acceptent de sortir des itinéraires balisés mentalement récupèrent ce que l’été leur refusait. Qu’est-ce qui vous retient encore de poser un mercredi pour découvrir le massif autrement ?

Laisser un commentaire